Rencontre, partages
et
discussions
Vos idées, vos réactions, vos points de vue, vos interrogations, sur la forêt et ce qui s’y découvre. Un cheminement à plusieurs vers ce que nous ne connaissons pas et qui ne peut probablement pas se dire selon le narratif du village d’où nous venons.





Le 12 août
Cher Hubert,
Je partage entièrement votre avis, ce n'est pas un « simple accident de l'histoire ».Mais, et c'est regrettable, ces drames nous en apprennent énormément sur la maniabilité de l'inconscient humain.
Il y a un livre, qui vaut ce qu'il vaut, mais qui mérite d'être lu, qui est Psychologie des foules de Gustave Le Bon (lui aussi a de sacrées casseroles au derrière). Il revient sur le rôle du symbolisme et de la facilité de faire passer n'importe quel message tant qu'il est simple et mobilisateur. Et cela, peu importe le niveau intellectuel de la foule. L'effet de groupe semble générer, selon Le Bon, une conscience collective capable du meilleur comme du pire. Chose reprise par Adolf Hitler dans Mein Kampf (je ne l'ai jamais lu, en plus d'être rempli de théories immondes, les lecteurs remontent régulièrement le manque de structure du livre, chose qui a peut-être permis sa « compréhension » à davantage de personnes, c'est mon hypothèse). C'est plus facile à lire que la Critique de la raison pure de Kant.
Joseph Goebbels, personnage également immonde, reste tout de même l'initiateur de ce qui deviendra plus tard la propagande. L'idée est relativement simple : trouver un bouc émissaire, le caricaturer, et matraquer médiatiquement la population de désinformation. On ne dit pas aujourd'hui que les publicitaires sont des néonazis.
Chose encore fortement utilisée et détournée par la suite (et ça, c'est un peu moins connu) par Edward Bernays, le petit-neveu de Freud. Après lecture des livres de son grand-oncle, il a compris la force du symbolisme et notamment de l'autorité symbolique. C'est lui l'initiateur du fameux œuf-bacon au petit-déjeuner aux États-Unis, de l'explosion de la consommation des cigarettes Philip Morris, etc. Il a écrit un livre assez cynique où il explique comment il a fait tout cela (en soudoyant généralement des médecins pour qu'ils vantent les bénéfices de tout cela). Chose assez drôle, c'est également lui qui a lancé les premiers mouvements féministes en payant des femmes pour qu'elles fument dans la rue en revendiquant leur droit d'égalité vis-à-vis des hommes. Et cela pour le compte de Philip Morris, bien évidemment. Le livre se nomme Propaganda, pas extraordinaire, mais mérite d'être lu.
Une fois cette grande parenthèse faite, je ne partage pas la conclusion d'anciens membres de l'IP&M : managers = néonazis. Oui, il existe des techniques de propagande dans les entreprises ; oui, la hiérarchie verticale dans l'entreprise permet de maintenir une autorité légitime et souvent crainte en fonction du niveau ; oui, les DRH essaient de limiter les regroupements de salariés pour limiter l'effet de masse, qui à contrario est recherché par les syndicats. Ce sont des choses très communes, qui, oui, ont été davantage mises en avant durant cette terrible période qu'est le nazisme, mais qui en soi existent depuis la nuit des temps.
Je pense que cette sombre période a été un des moments de l'histoire où ces différentes techniques ont été poussées à leur paroxysme, où l'on est sorti du cadre théorique scientifique (compréhension de l'humain seul et en groupe) pour mettre en œuvre une extermination de grande ampleur.
Mettons les pieds dans le plat. L'influence, la manipulation de masse ont pour objectif de faire faire des choses que les gens n'auraient probablement pas faites d'eux-mêmes. C'est d'ailleurs une des missions principales du manager : faire faire aux autres, en donnant du sens et en procurant un sentiment de satisfaction, des choses qu'ils n'auraient pas faites sans contrepartie. Et il peut également le faire en imposant des contraintes et en instaurant la peur ou la crainte.
CEPENDANT, bien que ces techniques aient été utilisées par les officiers SS, il est réducteur et intellectuellement malhonnête de déclarer que le manager en est le prolongement. En entrant dans ce genre de discours, on accepte une vision du monde manichéenne : le bien, le mal, les méchants, les gentils. Mais sans comprendre que certains gentils, sous certaines conditions, peuvent devenir d'horribles tortionnaires, et ce malgré l'absence biologique de traits psychopathiques (l'étude du fameux psychiatre de Nuremberg en témoigne). Et en excluant les personnages type Mengele, qui pour le coup présentaient des problèmes décelables avec un simple IRMf (la pathologie ne justifiant au grand jamais les atrocités). Des gens, comme vous et moi, auraient pu commettre ces atrocités. Pour le commun des mortels, c'est inavouable, mais pour les praticiens de la psychanalyse, j'ose espérer que ce soit un acquis. L'expérience de Milgram en témoigne, l'expérience de Stanford aussi.
Oui, on peut établir une comparaison en disant que les techniques managériales actuelles découlent en partie de l'ère nazie. Mais cela n'a pas d'intérêt intellectuel ni scientifique, historique, oui, et encore, je suis assez mitigé. Parce que bien avant le nazisme, Machiavel et d'autres avaient compris comment contrôler une masse d'individus et l'amener à commettre des atrocités.
Mais il faut également revenir sur les limites du manager.
Vous faites référence aux explosions atomiques au Japon. L'aviateur qui a piloté l'avion ayant largué la bombe sur Hiroshima, le colonel Paul Tibbets, n'a jamais exprimé le moindre regret, estimant avoir accompli son devoir de soldat vis-à-vis de sa patrie. Si quelqu'un au-dessus de lui le lui avait redemandé, il l'aurait fait.
Il faut savoir qu'Hitler avait interdit à l'armée allemande d'utiliser des armes chimiques (type gaz moutarde) car, vraisemblablement,les sources historiques ne sont pas toutes unanimes à ce sujet, il aurait été gazé durant la Première Guerre mondiale et aurait perdu l'usage de la vue pendant plusieurs semaines. Cela ne l'a cependant pas empêché d'utiliser le Zyklon B dans les camps de la mort.
Je suis très heureux de pouvoir échanger sur ce sujet avec vous. Il faut être en mesure de retirer l'affect et les émotions afin d'en parler intellectuellement. C'est pour cela que ces parallélismes en colloque ne peuvent que déraper : foule + sujet sensible + peur d'assimilation aux théories néonazies.
C'est comme évoquer la notion de bien et de mal. Il ne faut pas être cynique tous les jours, mais parfois, pour réfléchir, il faut pouvoir l'être. Et Nietzsche, dans La Généalogie de la morale ou Par-delà le bien et le mal, l'explique très bien. Ce sont des conceptions humaines qui varient d'un individu à un autre.
Bien amicalement,
Alexandre
Hommage à Julieta HAÏDAR
Julieta HAÏDAR est une grande figure de la transdisciplinarité. On lui doit notamment un rôle essentiel dans l'organisation du 30ème anniversaire de la proclamation de la charte de la TD, lors duquel j'avais eu l'occasion de la connaître. On trouvera ci-dessous l'hommage que lui a rendu le Pr. Paolo Orefice, lui aussi co-organisateur de cet évènement et ancien professeur à l'université de Florence (chaire UNESCO.). CEt hommage ne doit pas se perdree ; c'est pourquoi je suis heureux de le publier.
H.L.
"Chère famille de Julieta Haidar, grande professeure et amie… volant dans nos cœurs, dans l’Univers.
Je vous adresse mes plus sincères condoléances dans votre douleur, ainsi que celles de mes collaborateurs et collègues.
Nous avons souvent parlé avec elle de sa belle famille, de son grand jardin, de son grand arbre qui était tombé… Sa vie d’une grande richesse intérieure se nourrissait de la nature et du bonheur de ses êtres chers…
Sa transdisciplinarité intégrait les diversités de la création dans l’harmonie des couleurs, dans la richesse des savoirs, dans les inventions des artistes et des chercheurs.
Elle était également une excellente chercheuse en transdisciplinarité, une grande organisatrice, dotée d’une vaste vision et d’une véritable ouverture à tous, avec cohérence et exigence.
Un exemple récent du travail mondial de Julieta, réalisé une fois encore avec elle — après le Troisième Congrès mondial de transdisciplinarité de 2020-2021 — est constitué par les actes de nos réunions et l’élan donné au travail commun, qui furent essentiels pour le lancement et les échanges autour de la TD. C’est la meilleure manière de nous souvenir d’elle et d’apprécier ce qu’elle nous a enseigné, parmi les milliers de partages, à nous tous, jeunes chercheurs et chercheurs confirmés : faire des processus techniques, comme la proposition d’appel, le formulaire d’inscription, la liste et les envois aux invités, de véritables instruments de recherche participative. Nous remercions beaucoup Julieta pour sa capacité à unifier des éléments théoriques, méthodologiques et techniques. Ce sont quelques-unes des nombreuses formations TD qui ont donné une valeur stratégique au « Colloque international des 30 ans de la Charte de la TD », qui a présenté « La Filigrane de la Paix à travers la TD » (6-7-8 novembre 2024, MEXICO ENAH-INAH-TRANSCOMPLEXA, CTU Université de Florence, Réseaux de Chaires UNESCO italiennes – ReCUI).
Après le Colloque de la Filigrane de la Paix « au-delà de la violence », Julieta n’a pas accepté mon silence forcé. Puis, alors que nous organisions son retour au nouveau Réseau TD UNITWIN d’Éducation pour la Paix, elle nous a quittés, dans la surprise et la tristesse.
Nous restons proches de toi, chère Julieta.
Une chaleureuse étreinte pour toi, ta famille et tes êtres chers.
…Que les papillons continuent toujours de voler
dans le cœur des êtres humains,dans le Cœur de l’Univers."
Paolo Orefice
Professeur invité de transdisciplinarité, Oikos PUA, Rome, SS
Professeur émérite de l’Université de Florence,
Ancien titulaire de la Chaire transdisciplinaire UNESCO en Développement humain et Culture de la paix (2006-2025), Université de Florence

Vladimir Mokiy (CIRET)
La maison du garde-forestier : un conte russe sur la conscience
Pour le petit-fils du garde forestier, tout était simple et clair dans cette vie. L’hiver cédait la place au printemps ; le printemps cédait la place à l’été ; l’été cédait la place à l’automne. Ce cycle des saisons s’appelait l’année civile. Chaque saison s’accompagnait d’une multitude de phénomènes, d’événements et de processus variés qui formaient dans l’esprit du garçon une image consciente de la réalité. Le garçon s’étonnait sincèrement du fait que ni son esprit, ni celui de son grand-père, ni ceux de tous les habitants du village voisin n’exerçaient la moindre influence sur le déroulement de ce cycle.
En écoutant les discussions que menaient entre eux les invités de marque du garde forestier, le petit-fils apprit qu’un phénomène mystérieux, qu’ils appelaient « la conscience », participait à la formation de cette image consciente de la réalité. En contemplant l’immense forêt que l’on apercevait depuis la porte ouverte de la cabane du garde forestier, le petit-fils se dit : « Si la forêt est si immense, alors ma conscience, qui en a la perception, doit être immense elle aussi. Mais si ma conscience est si immense, comment peut-elle tenir dans ma petite tête ? » Et quand je dors, ma conscience continue-t-elle d’interagir avec cette immense forêt, ou s’endort-elle elle aussi avec moi ?
L’absence de réponses à ces questions tracassait le petit-fils. C’est pourquoi il décida de demander de l’aide à son grand-père, le garde forestier.
— Grand-père, peux-tu m’expliquer simplement et clairement ce qu’est la conscience ?
Cette question mit le garde forestier dans l’embarras. D’après les discussions de ses éminents invités scientifiques, il ressortait que la conscience était un phénomène complexe. Un phénomène complexe doit être étudié par une science complexe. Or, ces invités hautement instruits n’étaient pas des représentants d’une science complexe. Ils étaient issus de disciplines scientifiques spécifiques. C’est pourquoi leurs raisonnements sur la conscience lui faisaient penser à la recherche d’un « chat noir dans une pièce sombre », au seul motif que les sons provenant de cette pièce ressemblaient à des miaulements de chat.
Il fallait toutefois répondre à la question de son petit-fils.
- Je pense que chaque objet possède un mécanisme simple et logique qui lui permet de remplir sa fonction. Prends l'exemple du moulin à eau construit sur notre rivière. Nous appelons cet objet « moulin ». Mais, en réalité, il s'agit d'un mécanisme complexe composé de plusieurs mécanismes. Le premier permet de capter la force et l’énergie du courant d’eau. Le deuxième transforme cette force et cette énergie en rotation des arbres. Le troisième assure une vitesse de rotation stable de toutes les pièces du moulin. Le quatrième broie directement le grain pour en faire de la farine. Pour un observateur extérieur, la logique et les résultats du fonctionnement de chaque mécanisme sont évidents. Cependant, pour qu’un objet devienne autonome, il doit posséder en son sein un mécanisme, explicite ou implicite, d’évaluation des résultats de son état et de son fonctionnement. Par conséquent, l’objet est appelé « moulin », tandis que le mécanisme présent en son sein, chargé d’évaluer les résultats de l’état et du fonctionnement de l’ensemble des mécanismes en série, est appelé « conscience du moulin ».
Le petit-fils fut surpris.
— Grand-père, d’après ton raisonnement, cela signifie-t-il que tout objet vivant ou artificiel possède une conscience ?
Le garde forestier lui expliqua :
- Oui, ils possèdent tous une conscience (un mécanisme analogue). Cependant, il faut distinguer la forme active de la forme inactive de la conscience. La forme active de la conscience engendre l’esprit individuel et collectif. La forme inactive de la conscience engendre l’harmonie locale et universelle de la nature.
« Grand-père, qu’est-ce qu’une forme active et une forme passive de conscience ? » demanda le petit-fils.
- La forme active de la conscience se caractérise par des mécanismes dynamiques d’évaluation des résultats de l’état et du fonctionnement des objets biologiques (vivants). Ces mécanismes reposent sur des processus physico-chimiques continus. Par exemple, la pensée est un processus physico-chimique dynamique qui se déroule dans le cerveau.
La forme inactive de la conscience se caractérise par des mécanismes statiques d’évaluation des résultats de l’état et du fonctionnement d’objets non biologiques (inanimés). À leur tour, ces mécanismes reposent sur des champs électrostatiques qui, en règle générale, entourent les objets. Leur présence est évidente. C’est pourquoi ils ne font pas l’objet d’une étude particulière.
- Grand-père, ai-je bien compris que la conscience dans ma tête désigne un mécanisme général de pensée, composé de mécanismes successifs, semblables à ceux d’un moulin à eau ?
- Oui, tu as bien compris, répondit le garde forestier. Comme dans le cas du moulin, les spécificités de ta conscience seront déterminées par quatre mécanismes successifs :
-
le mécanisme d'analyse des informations quantitatives et qualitatives relatives à son propre corps, ainsi qu'aux objets et processus du monde environnant avec lesquels l'individu est en interaction constante ;
-
un mécanisme de synthèse des informations analysées :
-
un mécanisme de prise de décision fondé sur les résultats de l'analyse et de la synthèse de l'information ;
-
un mécanisme de mise en œuvre de la décision prise.
Ces mécanismes transforment successivement les informations externes et internes, en passant de la comparaison de leur état réel (représentation [formation d’une image] de la réalité) avec leur état de référence (reflet [comme dans un miroir, sans distorsion] de la réalité) jusqu’à la prise de décision par l’objet quant à la poursuite de son existence et à l’accomplissement de sa destinée. Les méthodes scientifiques modernes d’étude du cerveau ont permis d’en apprendre beaucoup. Le cerveau est constitué de milliards de cellules. Ces cellules sont regroupées en départements et en structures spécifiques. Au sein de ces zones et structures se trouvent des cellules et des noyaux cellulaires qui sont responsables de certaines fonctions de l’organisme humain. Mais ces méthodes n’ont pas encore permis aux scientifiques d’identifier, d’étudier et de décrire la structure des quatre mécanismes successifs de la pensée, désignés par le terme spécialisé et évocateur de « conscience ». En l’absence de description de ces mécanismes, les scientifiques et les chercheurs sont contraints de décrire la conscience à l’aide de métaphores imagées. Certes, ces métaphores sont imagées. Elles peuvent fasciner, mais elles n’ont aucune valeur pratique pour comprendre ce qu’est réellement la conscience.
Après ce monologue inhabituel, il y eut une pause, que le petit-fils interrompit.
— Grand-père, chaque dimanche, nous allons ensemble à l’église du village. Nous sommes des croyants et nous devons concilier nos réflexions avec l’enseignement de l’Église. La pensée, la conscience, l’esprit : ce sont des qualités que Dieu confère à l’homme. As-tu discuté de tes réflexions sur la pensée et la conscience avec notre curé du village ?
- Mon cher petit-fils, répondit le garde forestier, ne considère pas notre prêtre comme un vieillard. Notre prêtre est titulaire d’une licence en théologie. En tant qu’homme cultivé, il m’a soutenu, moi et mes raisonnements. De plus, il m’a expliqué que la façon de penser habituelle des habitants de notre village s’appelle la « sagesse conventionnelle ». La sagesse conventionnelle est la capacité d’une personne à réfléchir et à agir en s’appuyant sur des connaissances logiques, une expérience pratique et le bon sens. Le célèbre prédicateur Charles Haddon Spurgeon (1834–1892) a défini la sagesse comme « l’utilisation correcte de la connaissance ». Cependant, il a accompagné sa définition de la sagesse d’une exhortation stricte. Cette mise en garde peut sembler offensante pour les universitaires, mais elle est compréhensible pour tout philosophe de village et tout chercheur. Charles Haddon Spurgeon affirmait que « savoir ne signifie pas être sage ». Beaucoup de gens en savent beaucoup et cela les rend encore plus stupides. Il n’y a pas d’homme plus stupide qu’un imbécile savant. Mais savoir comment utiliser correctement ses connaissances, c’est posséder la sagesse. Par conséquent, les scientifiques et les chercheurs doivent apprendre non seulement à acquérir des connaissances scientifiques, mais aussi à s’efforcer d’utiliser correctement leurs connaissances sur le processus de la pensée et ses mécanismes. Ainsi, ils auront la possibilité de se forger une idée précise de la conscience.
« C’est vrai, c’est sévère, mais juste », pensa le petit-fils.
La suite de la conversation avec son grand-père perdit tout intérêt théorique aux yeux du petit-fils. En revanche, un intérêt pratique se manifesta. Le petit-fils était impatient de s’échapper de la cabane du garde forestier et de raconter à ses amis que « la conscience, c’est simple » ; que tous les habitants du village possèdent une conscience et que, par conséquent, la vie au village est soutenue par une conscience et une raison collectives ; que c’est grâce à la conscience qu’existent la beauté et l’harmonie de la forêt ; que tous les habitants du village possèdent une sagesse conventionnelle qui saura immanquablement préserver cette beauté et cette harmonie.
Le petit-fils remercia son grand-père pour cette conversation passionnante et courut vers le village, en prenant soin de ne pas donner de coups de pied aux pierres au bord de la route qui, comme il venait de l’apprendre, possédaient une conscience individuelle et collective…


